Anticosti: LA destination de 2016 pour la chasse aux cerfs de virginie

 Cette semaine voici un texte de Stéphane  »Koboy » Villemure, membre de la meute Chasse Québec et guide professionnelle de chasse aux chevreuils. Voici ses perspectives de chasse pour 2016 sur l’Ile d’Anticosti. Continuer la lecture de « Anticosti: LA destination de 2016 pour la chasse aux cerfs de virginie »

Un buck trophée pour les 80 ans de Monsieur Therrien !

Beaucoup de chasseurs québécois connaissent Michel Therrien pour son implication dans
les diverses sphères représentant la chasse au Québec.  Cette année, j’ai
eu la chance de rencontrer un autre personnage tout aussi coloré et volubile,
soit Gérard Therrien, le père de Michel. Continuer la lecture de « Un buck trophée pour les 80 ans de Monsieur Therrien ! »

Prospection d’un territoire pour l’ours

En ce début juin, les ours sont très actifs à la pourvoirie Wabanaki en Mauricie. En effet, dû au printemps hâtif,
le propriétaire Bruno Caron à débuté l’appâtage d’anciens sites à la fin avril.
Par la suite, depuis mon arrivée le 1er mai, j’ai continué de partir des sites
d’appâtages quotidiennement, si bien que nous avons présentement une trentaine
de sites sur un territoire de 2000 km carrés.

Ayant débuté les sites aussi tôt, nous avons pu observer les premiers signes
d’activités des ours, avant même l’apparition des jeunes pousses végétales dont
ils ont besoin pour «débloquer» leur système digestif au repos après ce long
hiver de léthargie. En effet, les premiers contacts des ours aux appâts
n’étaient que curiosité, les billots sortis des barils, avec les appâts à peine
touchés. Puis, le jeune feuillage est apparu sur les trembles et les cerisiers
que l’on apercevait pliés et cassés sur les abords des sentiers, des excréments
sont apparus le long de ces sentiers, puis, autour des appâts de plus en plus
touchés.

Ces excréments constitués majoritairement de végétaux ont tranquillement changé
de consistance à mesure que les ours se nourrissaient des appâts composés de
pâtisseries, d’huile, de graisse, d’anis et de déchets de poissons.

La plupart de nos sites sont très actifs et sont couverts par des caméras
de surveillance SPYPOINT. Celles-ci nous indiquent que la plupart des sites
sont visités à toute heure du jour par plusieurs ours, dont plusieurs sont
d’une grosseur plus que respectable. Nous nous plaisons à les appeler des
KINGKONGS! Nous respectons une distance minimale de 7 km entre les sites afin
d’éviter que le même ours ne visite plusieurs sites. Avec un territoire de 2000
km carrés, l’espacement des sites est aisé.

Nous avons à la pourvoirie un «centre névralgique de l’ours», avec les cartes
topographiques de chaque secteur et où tous les sites, qu’ils soient actifs ou
non, sont répertoriés et marqués de couleurs différentes. Nous avons aussi
conçu un tableau avec diverses informations telles: type d’ours, grosseur,
sexe, femelle accompagnée de petits de l’année, ou de deux ans, etc.. La
taille des petits est prise en considération, car suivant le cycle reproducteur
des femelles (qui s’échelonne sur 2 ans), il faut considérer qu’elles ne seront
attrayantes à l’endroit des mâles que lorsque les rejetons seront passés du
stade d’ourson au stade juvénile. Cette phase de croissance survient lorsque les
jeunes ours complètent leur second printemps.

La chasse est débutée, je vous donnerez d’autres nouvelles très bientôt !

Koboy à Wabanaki

Pour le printemps 2012, je me suis joint à l’équipe de la pourvoirie Waban-aki, propriété de la famille de Bruno Caron. Bruno, sa conjointe Katerine, et leurs 3 enfants Sandrine, Myriam et Cédric vivent à la pourvoirie Waban-aki depuis qu’ils en ont fait l’acquisition en août 2008. La pourvoirie est située en Mauricie, au coeur de la zec Wessonneau, tout près de la réserve
faunique St-Maurice; elle s’étend sur une superficie de 110 km carrés et compte une trentaine de lacs.

La famille Caron offre des forfaits en plan américain et européen pour des séjours de chasse à l’orignal, à l’ours, au petit gibier, ainsi que des séjours de pêche à la truite. Elle est en constante évolution depuis son achat par la famille Caron.
Katerine et Bruno ont construit des chalets, rénové les chalets existants et ils ont aménagé des lacs et des frayères. Ils
travaillent en étroite collaboration avec la compagnie forestière qui y effectue des coupes sélectives dans le but d’améliorer l’habitat de l’orignal qui y est particulièrement abondant.

La famille Caron travaille de concert avec la nature, suivant un objectif à long terme d’amélioration de la valeur cynégétique de leur territoire qui est déjà très prolifique. En effet, je suis arrivé à la pourvoirie depuis une dizaine de jours et je suis constamment surpris de voir l’abondance du gibier qui y vit. Que ce soit les orignaux, les ours, les loups, les castors et perdrix, il y à toujours un signe de vie sauvage au détour d’un sentier.

La famille Caron a un parcours hors de l’ordinaire : dans la jeune trentaine, Katerine et Bruno se sont connus il y a 18 ans en
Montérégie. Après une formation d’agro-économiste, Bruno était directeur principal du marché agricole chez Desjardins, tandis que Katerine était infirmière en chirurgie. Parents de trois beaux enfants de l’âge de 2 à 10 ans, ils se destinaient à une vie bien
organisée en ville, malgré leur passion commune pour la nature, le plein air et la chasse.

Quand Cédric eut 11 mois, la famille quitta la ville pour une expédition d’un
mois au chalet familial très reculé dans les forêts de la Mauricie. Il n’en fallait pas plus pour que les
parents, voyant que leurs enfants partageaient la même passion qu’eux pour la
nature, se mettent à la recherche d’une pourvoirie pas trop aménagée pour
pouvoir l’acquérir, et pas trop éloignée pour que les enfants puissent aller à
l’école.

 

Puis, la perle rare fut découverte : WABAN-AKI, ce nom amérindien
signifiant « terre où le soleil se lève » permettait tous les espoirs. Dans un piteux état et laissée à l’abandon pendant des années par les anciens propriétaires, leur pourvoirie gisait comme un grand animal agonisant, n’attendant que les soins des
nouveaux propriétaires assez courageux pour la ramener à la vie. La pourvoirie était située à seulement……. 25 km sur un chemin
forestier de la route 55 menant à Latuque. Les enfants pourraient aller à l’école moyennant deux trajets quotidiens
de 50km aller-retour pour les emmener à l’autobus qui lesdéposerait à Latuque.
Un détail pour ces pionniers!

En plein hiver, l’agent d’immeuble ne voulait pas s’y rendre,
mais leur promettait qu’ils seraient les premiers à visiter au printemps. Avec les yeux des aventuriers qu’ils sont et le
courage des chercheurs d’or d’antan, ils posaient enfin leurs yeux sur leur
rêve…….. Comme les défricheurs d’autrefois, ne s’arrêtant pas sur les
milliers d’arbres et de souches à arracher, ils ne voyaient que les prairies
vertes et luxuriantes qu’ils allaient créer.

Il y en a eu des souches à arracher, des déchets à ramasser, des chalets à réparer et à construire, des chemins à faire. D’innombrables heures, journées et nuits à trimmer dur pour être fin prêts pour l’arrivée des chasseurs et pêcheurs qu’ils allaient recruter dans les salons de la pourvoirie! Heureux furent les premiers client qui s’empressèrent de réserver pour
une deuxième saison, ayant goûté aux services et aux attentions de la famille Caron.

Je suis estomaqué de constater la qualité des installations et du territoire après seulement 4 années d’opération. Katerine et Bruno ont effectué un travail de titan et ne s’assoient pas sur leurs lauriers; ils ont des projets à ne plus finir et ils les réalisent quotidiennement.  Les chasseurs et pêcheurs ont hâte de revenir visiter les Caron pour constater les nouveautés et les améliorations apportées au territoire au fil de leurs séjours.

De mon chalet en bois rond aménagé par la petite famille au bord du lac à courte distance du pavillon principal où elle vit, je peux entendre les doux hurlements de la vingtaine de huskys sibériens quand ils les nourrissent à la tombée du jour. La famille a un autre projet : celui d’exploiter le territoire plus intensivement l’hiver. Sandrine, Katerine et Bruno reçoivent déjà
quelques groupes qu’ils emmènent pêcher sur la glace, ou faire la tournée de pièges en traineaux à chiens!

J’entends aussi les cris de joie des enfants qui courent avec les chiens, qui
pêchent la truite devant leur «maison» en revenant de l’école. Cette famille
exceptionelle vit en harmonie et en équilibre avec la nature et la société. Ce rêve fut réalisable à force de courage, de persévérance et de passion. Je me sens privilégié de partager la vie de ces gens d’exception.

La semaine prochaine, je vous ferai un compte rendu de l’activité des ours qui ont déjà commencé à visiter les
appâts!

Koboy.

Journal du Loup de mer : Chasse tardive avec Sépaq Anticosti

Le cerf de virginie de l’île d’Anticosti fuit les hauteurs du centre de l’île aux premières neiges abondantes pour s’approcher des plages où la neige est souvent absente. La nourriture est donc plus facilement accessible et il peut ajouter à son menu les algues échouées sur la grève.

La Sépaq profite de ce mouvement migratoire exceptionnel pour offrir une chasse différente et souvent très productive. En effet, lorsque toutes les conditions climatiques sont réunies, il est possible pour un chasseur de voir de 100 à 200 cerfs dans une journée!

La saison dernière, la neige se faisant attendre, la migration n’était pas débutée après les deux premières journées de chasse, puis durant la nuit et pendant la troisième journée, une tempête de neige a fait rage. Il n’en fallait pas plus pour que les cerfs utilisent les passes migratoires par dizaines. Tous les chasseurs de cette première semaine ont réussi à récolter leurs 2 bêtes.

Les guides de chaque secteur, après avoir localisé ces passes, y ont installé des caches fermées pour protéger les chasseurs des vents et du froid. Il ne reste plus au chasseur qu’à être attentif et patient pour récolter le cerf de son choix.

D’autres options s’offrent au chasseur. J’aime bien utiliser les passes migratoires à l’endroit où elles traversent le lit des rivières gelées parfois large d’un quart de mille. Le paysage y est grandiose et lors des meilleures journées, il y a toujours des cerfs en vue.

Une autre option est de rechercher le cerf sur les sites d’alimentation, qui peuvent être des champs cachés en forêt ou les grandes tourbières de bord de mer. Encore là, le paysage est à couper le souffle, et si les conditions sont bonnes, on peut apercevoir de 10 à 100 chevreuils s’alimentant frénétiquement en vue de la saison froide.

La neige continuant de tomber un peu chaque jour, la migration s’est intensifiée. Le deuxième groupe de chasse tardive, conseillé par les guides, est devenu plus sélectif laissant passer de beaux 8 pointes et de larges 6 pointes, pour finalement récolter 48 mâles de 4 à 11 pointes, de 12 à 22 pouces d’envergure, et ce, pour 24 chasseurs sur le secteur de Chicotte. Ces grands mâles étant très rusés et gardant la lignée forte, quelques trophées exceptionnels n’ont, par ailleurs, pas été récoltés!

Ainsi se termina la saison de chasse au cerf de virginie 2011 sur cette île paradisiaque. Le rêve de tout chasseur de cerfs!

Pour plus d’information, vous pouvez contacter la Sépaq Anticosti ou visiter leur site.

Vous pourrez voir des scènes de ces chasses lors des Soirées Chasse Québec dans une ville près de chez-vous.

Le Journal du Loup de mer : Neige précoce à Chicotte.

Le 6 octobre dernier, une tempête de neige très localisée a touché le côté centre-sud de l’île d’Anticosti, particulièrement la partie nord du secteur de Chicotte-la-mer. Le chevreuil de l’île a la particularité d’entamer une migration vers les plages et plus particulièrement du côté sud aux premières chutes de neige importantes qui se produisent habituellement à la fin novembre.

L’île d’Anticosti a une altitude maximale au nord de Chicotte, soit 1000 pieds. Cette variation d’altitude explique la présence de neige en hauteur plusieurs semaines avant l’apparition des premiers flocons sur les plages. Le chevreuil connaissant ce phénomène quitte les hauteurs enneigées pour venir chercher sa nourriture plus facilement accessible en faible altitude. La présence d’algues marines sur les plages dont il est friand l’attire aussi près de la mer.

Depuis des décennies, le chevreuil emprunte les mêmes sentiers pour fuir la neige, c’est ce que nous appelons les passes migratoires, et nous les exploitons en y installant des caches pour attendre le passage des cerfs. Durant les meilleures journées de migration, les chasseurs installés sur ces passes peuvent voir plusieurs centaines de chevreuils défiler sous leurs yeux!

Donc à la vue de cette tempête du 6 octobre, les passes ont commencé à marcher timidement, les chevreuils étant aussi surpris que nous de cette neige précoce. Malgré tout j’ai décidé d’exploiter ces sentiers migratoires en disant à mes chasseurs que s’ils étaient patients, il verraient sûrement quelques dizaines de chevreuils durant la journée.

Résultats : 19 chevreuils à 4 guides sur les passes, dont un de mes chasseurs Rico Toffoli qui a même récolté un 10 pointes et un 9 pointes sur la même passe, suite à l’éviscération du premier un peu plus loin.

Le lendemain, et pour les jours qui ont suivi, il a fait de 20 à 23 degrés, les passes ont cessé de fonctionner et nous avons repris la chasse régulière. Merci à ce petit clin d’oeil de la nature!

Le Journal du Loup de mer : Suite de la chasse du premier groupe.

Réal Gosselin décide de tenter sa chance à ma saline naturelle, nous nous y rendons donc à pas feutrés car le mille à parcourir pour s’y rendre est magnifique. Il s’agit d’un fond de coulée herbeux où les signes et trails de chevreuils augmentent au fur et à mesure qu’on approche de la saline. Nous ne voyons rien en route, mais une fois rendu à la saline nous redoublons de prudence car il y a probablement un chevreuil en train de s’abreuver à cette source miraculeuse. Oui, j’entrevois un corps de chevreuil ! Il s’abreuve, nous ne pouvons voir sa tête, nous attendons d’interminables secondes, puis il relève sa tête nous laissant évaluer sa couronne: 5 pointes! Non Réal décide d’attendre, nous le laissons s’abreuver, puis il quitte calmement le site. Réal s’installe dans le mirador que j’ai installé au fond de l’éclaircie surplombant la saline, il prépare tout son matériel pour ne faire AUCUN bruit pour les heures à venir. Dans un endroit comme celui-là, on n’a pas droit à l’erreur car les nombreux chevreuils sortent de partout, passant même sous le mirador. Réal a été entouré d’une douzaine de femelles, daguets, et a laissé passer le 5 pointes qui est revenu.

Vers trois heures, après avoir vu une quinzaine de chevreuils, le 5 pointes est revenu et Réal a décidé de le récolté d’un tir parfait au cou et le chevreuil s’est effondré sur place. Réal m’a aussitôt appelé sur la radio, puis j’ai sorti sa prise sur mon vtt sans l’éviscéré, ce que j’ai fait plus loin pour ne pas souiller un site aussi fréquenté. Bravo Réal !

Maintenant, au tour de Bertrand, ce chasseur expérimenté et blagueur. C’est le dernier matin et je décide de partir très tôt en vtt avec le groupe qui a récolté tous leurs chevreuils sauf le dernier de Bertrand. Très beau matin sans vent, nous parcourons la plage jusqu’à mes grandes plaines de la rivière Pavillon. Il s’agit de ces plaines en surplomb de la mer dépourvues d’arbres et où poussent seulement des buissons ici et là. Les chevreuils sont friands de la végétation qui y pousse et se rapprochent de la mer pour y manger aussi des algues fraiches.

La semaine précédente, j’avais localisé un beau 8 pointes au début de cette plaine. Nous avons donc laissé les vtt 1 km avant l’endroit convoité puis nous nous sommes approchés silencieusement. Rendus près de l’endroit où j’espérais voir le buck, j’ai demandé aux compagnons de Bertrand d’attendre pendant que nous faisions une approche de localisation. Au détour d’un gros buisson, il était là, s’alimentant dans la plaine au même endroit où je l’avais vu. Il était très loin et on ne voulait pas tenter le tir, car je savais que je pouvais l’approcher facilement par la plage en contrebas sans être vu. Nous sommes donc tous descendus sur la plage et avons marché rapidement jusqu’à ce que j’eus évalué que nous l’avions rejoint. J’adore ce secteur pour faire une approche, et comme dans ce cas, faire aussi profiter le groupe de chasseurs de l’approche, le chevreuil sur la plaine ne pouvant ni nous voir, nous sentir, ou nous entendre. J’ai demandé au groupe de rester sur la plage alors que moi et Bertrand escaladions la petite falaise d’une vingtaine de pieds de hauteur. Il était là, à deux cents pieds, broutant calmement. Nous avons rampé dans la plaine cachés par de petits buissons, puis Bertrand s’est appuyé sur mon dos et je lui ai demandé de mirer le cou. Le connaissant bon tireur, j’avais confiance. Les secondes se sont écoulées, Bertrand reprenait son souffle, il a retenu sa respiration, puis la détonation retentissait et le buck s’écroula atteint au cou.

Bravo Bertrand! Le buck et le paysage étaient magnifiques, on a pris quelques photos avant l’éviscération, puis rituel important pour moi, j’ai lavé mon couteau dans la mer, me remémorant toutes les fois où je l’ai fait au son des vagues venues de la Gaspésie natale de tous les chevreuils de l’île……